105 entreprises françaises ont signé début 2020 le Parental Act, un dispositif qui permet au second parent de bénéficier d’un mois de congé, rémunéré à 100% par l’employeur à la naissance d’un enfant.

Un véritable progrès en matière d’équilibre femme-homme alors que le congé du second parent ne dépasse pas les onze jours en France.


Encourager les hommes à prendre leur congé paternité

Pour 105 dirigeants d’entreprises inclusives qui emploient 19 000 personnes dans l’Hexagone, le délai légal prévu dans la loi n’est pas suffisant. Face à ce constat, ils ont décidé de s’engager en signant le “Parental Act”, une charte dans laquelle ils promettent de prendre en charge à 100% un “congé second parent” d’un mois minimum pour chaque salarié qui accueille un enfant.

Depuis, 150 entreprises on rejoint le mouvement qui continue de grandir.

Au delà des grands groupes, ces entreprises pionnières qui sont souvent des entreprises de taille intermédiaires en croissance, parmi lesquelles BlablaCar, le Groupe Duval ou encore AirCall, s’engagent dans une démarche militante assumée depuis le 1er janvier et qui entend réduire les inégalités hommes/femmes dans un pays en retard sur le sujet. Ces chefs d'entreprise estiment que "la France, parce qu'elle reste attachée dans sa législation sociale à une division sexuée, est en retard sur la question du congé parental partagé".

Les signataires entendent mettre en place un dispositif qui "reste centré autour de la femme qui porte l'enfant". Ils soulignent, "l'essentiel de la charge, qu'elle soit mentale, sociale ou professionnelle, repose sur les femmes".

Pourtant, le second parent ne doit pas, selon eux, être tenu à l'écart. "Les habitudes au moment de la naissance de l'enfant se répercutent ensuite toute la vie. Le rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) sur les effets du congé paternité (juin 2018) a montré que celui-ci favorise l'engagement paternel et la construction durable du lien père enfant, permettant ainsi un rééquilibrage dans le couple de la charge mentale".

Eveil des consciences, les ETI et PME s’engagent aussi pour le progrès société.

La démarche mérite d’être soulignée car ces entreprises, de taille intermédiaire, souvent en forte croissance, sont concernées par un réel enjeu de recrutement. Attirer de nouveaux talents pour contribuer à leur développement et fidéliser leurs employé.e.s constituent un véritable levier de marque employeur et de performance économique.

En s’engageant sur un dispositif qui parle à un grande partie de leurs employé.e.s et aux talents à la recherche de missions dans des entreprises qui font preuve de responsabilité sociale et environnementale, ces entreprises gagnent en attractivité.

Un exemple concret de responsabilité sociale qui permet à ces entreprises d’obtenir un avantage concurrentiel sur les autres acteurs de leur secteur.

Comme le congé paternité, le Parental Act sera accessible au second parent quel que soit son sexe et son statut conjugal, « car notre société évolue et que les modèles de famille sont aussi variés que riches et divers » notent les entreprises partenaires dans une tribune publiée le 5 février dans les Échos.

De grands groupes, soucieux de leur marque employeur et des équilibres vie professionnelle - vie personnelle ont déjà fait des efforts sur ces sujets, à l’instar d’Axa, ou d’ING.

Mais la majorité des entreprises en France restent encore sur les 11 jours de congés réglementaire accordés à la naissance d’un enfant.

Le congé du second parent sur la scène européenne

Début février, la Finlande annonçait vouloir étendre le congé paternité à 7 mois. En 2019, l’Espagne accordait aux pères huit semaines rémunérées contre cinq auparavant, avant une nouvelle augmentation à 16 semaines envisagée d’ici 2021. Le Parlement européen et le Conseil européen se sont également emparés de cette question en vue d’engager une harmonisation des pratiques avec une directive validant 10 jours de congé paternité minimum dans les pays de l’Union européenne ainsi qu’un congé parental de quatre mois dont deux non transférables moyennant une rémunération “convenable”.

Les congés paternité et parentaux représente un réel levier pour favoriser l’égalité homme-femme et l’équilibre vie privée-professionnelle.

Pour la France, rien n’a vraiment changé depuis 2014 ou les second parent ont obtenu 11 jours de congé parental. Une situation qui n’est plus adaptée à un contexte sociétal progressiste où les hommes et les seconds parents veulent vivre pleinement l’accueil de leur enfant.

#BigUp à l'équipe "un peu folle"  - Céline Lazorthes, Isabelle Rabier et Thibault Lanthier - qui a initié cette démarche de progrès en faveur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

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